II.1. La question des écoulements

En général, les systèmes d’écoulement sont tributaires de la gravité. L’eau ne peut circuler que d’un point haut vers le bas. Dès l’Antiquité cependant, les hommes ont cherché à contrarier cette aptitude naturelle de l’eau à suivre le fil de la pente. Le chadouf, la noria, la vis d’Archimède, la pompe de Ctésibios sont autant de dispositifs permettant de remonter les liquides. Mais ces techniques sont souvent intégrées à des ensembles qui pour l’essentiel de leur parcours se trouvent soumis aux lois de la pesanteur. La contrainte de la gravité suppose nécessairement que la fonction du conduit, l’origine de celui-ci, le point d’arrivée et le cheminement de l’eau soient clairement définis. L’emplacement du site d’utilisation qui se trouvera généralement à la liaison entre différents types d’écoulements apparaît donc essentiel. Dans de nombreux cas, en particulier dans l’Antiquité, les premières installations hydrauliques ne sont établies que longtemps après l’implantation du lieu d’utilisation. De plus, la mise en place du site d’origine ne prend généralement pas en compte le développement ultérieur du lieu et l’évolution des besoins culturels des communautés qui sont amenées à vivre dans ce lieu. Par la suite, à défaut d’un déplacement de site, l’eau est souvent amenée avec efforts et grands moyens. La ville de Rome est un exemple remarquable de cette situation.