2. L’Atelier violent

2.1. Un théâtre du « No !»

Cette pièce a un statut un peu spécial : c’est, avec Falstafe, la plus compréhensible. En fait, Jean Pierre Sarrazac précise :

J’ai décidé de monter la pièce dans un contexte qui n’était pas facile : on était alors dans un théâtre de la fable, post ou « néo-brechtien », et la dimension comique, voire grotesque, l’oralité, la qualité poétique extrême de l’écriture de Valère échappaient à beaucoup. […]
Bien sûr, tout le monde parle de la langue de Novarina, d’un théâtre de la parole. Mais ce qui, tout autant que la langue, m’a saisi dans cette pièce, c’est que je venais de vivre 68, et que
j’avais là, avec L’Atelier volant, une sorte de comédie de mai 68. […]
Je me suis dit qu’il fallait prendre la pièce au sérieux ; ce texte sur l’aliénation, sur l’écrasement des employés par le travail mais aussi par les loisirs (le loto)… Il y a là une veine satirique très puissante qui perdure d’ailleurs chez Novarina.
324

C’est du théâtre politique, social, hargneux, violent, accusateur ; L’Atelier volant est clairement une pièce engagée dans laquelle Novarina semble entre autres crier « Non au travail aliéné ! ».

Notes
324.

Jean-Pierre Sarrazac, « L’Atelier volant ou le théâtre de l’ombre », Europe, op. cit., p. 118.