II.3.1.2 Les traits adaptatifs et non-adaptatifs

II.3.1.2.1 Le point de départ biologique du concept

En relation avec l’adaptation, Wilson (2000) discerne les traits adaptatifs et non-adaptatifs. Ces premiers sont préférés par la sélection naturelle et restent dans la population, ces derniers (on utilise aussi le terme anormaux) au contraire diminuent la vigueur (le fitness) de ses porteurs et sont éliminés. Le trait peut être transformé de l’adaptatif en non-adaptatif de façon relativement facile, il ne suffit qu’un changement de l’environnement. Wilson (2000) ou Flegr (2005) le démontrent sur l’exemple de l’anémie à hématies falciformes ou sicklémie (sickle-cell anaemia). Il s’agit d’une maladie héréditaire qui représente d’un certain point de vue l’adaptation à un trait spécifique de l’environnement.

L’anémie à hématies falciformes est répandue surtout dans les régions où on trouve une autre maladie – le paludisme, donc notamment en Afrique. Elle se manifeste par l’altération de l’hémoglobine – l’hémoglobine est déformée dans les endroits les plus étroits des vaisseaux, dans les capillaires, il s’est ainsi davantage détériorée et il faut la retirer plus tôt de la circulation sanguine. Les personnes porteuses d’un allèle qui conditionne cette maladie sont naturellement partiellement défavorisées en comparaison avec les individus sains. Il s’est néanmoins montré qu’elles sont protégées des affections du paludisme (malaria). Par contre des personnes qui portent les deux allèles déformés, la majorité meurt très tôt (Flegr, 2005, 1998), la maladie a des conséquences beaucoup plus sérieuses.

Le but de la description de cette maladie était d’indiquer qu’elle peut être considérée dans son environnement d’origine et sous la forme hétérozygote dans certains cas pour un trait adaptatif car elle bonifie son porteur en comparaison avec les individus sains qui sont davantage soumis au paludisme. si l’un tel individu se déplace dans une région où le paludisme n’est pas répandu, il est à cause de son handicap lié à l’usage plus intense de l’hémoglobine défavorisée, et cela aussi dans le cas où il n’a qu’un allèle altéré.