5.3.2.2. Résultats et interprétations

5.3.2.2.1. Observations générales

Les cartes de résistivité obtenues pour un écartement des électrodes de 0,5 m (Fig. 5-11) et 1 m (Fig. 5-12) montrent des résultats très différents. La première carte, correspondant approximativement aux résistivités calculées pour une tranche de sol de 50 cm, présente une dynamique beaucoup plus forte. Les valeurs de résistivité sont comprises entre 80 et 280 Ω.m, alors que pour la carte obtenue avec le dipôle de 1 m, les mesures s’échelonnent sur un intervalle bien moins étendu, compris entre 5 et 185 Ω.m. Du fait de la présence en surface d’une couche très résistante, composée de plusieurs centimètres d’asphalte reposant probablement sur un radier de graviers, il est logique que les valeurs correspondant à la géologie superficielle soient globalement plus élevées.

Sur la carte la plus superficielle (Fig. 5-11), la résistivité connaît de fortes variations, témoignant de la présence d’un sol très hétérogène à proximité de la surface. Par comparaison, sur la carte obtenue pour la prise en compte d’un volume de sol plus épais (Fig. 5-12), les plus faibles variations de résistivité démontrent la présence de sédiments plus conducteurs, et plutôt homogènes, sous la couche superficielle. Dans le cadre de notre étude archéologique, ce sont les variations de résistivité qui nous intéressent, car elles pourraient éventuellement être liées à la présence de vestiges enfouis. L’obtention d’une carte homogène signifie a priori l’absence de structures archéologiques, ou plus exactement l’impossibilité, via la technique employée, de détecter les variations des propriétés physiques des sols dues à la présence de vestiges. Ces aménagements anciens pourraient également être enfouis à plus d’1 m, c'est-à-dire en-dessous de la profondeur d’investigation du M.P.U. Les cartes de résistivités obtenues ne permettent donc pas de considérer cette hypothèse. En première interprétation, s’il existe des vestiges archéologiques sous le parking ouest, ils seraient donc plutôt à chercher dans les couches superficielles du terrain.

Toutefois, du fait du contexte actuel, la plupart des variations de résistivité superficielles sont plutôt à relier aux travaux de construction du parking. Ils ont produit des concentrations de matériaux très résistants (remblai ou radier de fondation) dans le proche sous-sol, créant de très fortes anomalies de résistivité, qui n’affectent cependant que les résultats obtenus sur les premiers décimètres de sol. Les possibles vestiges d’occupation ancienne sont probablement plus profondément enfouis. Ils auront donc tendance à créer des anomalies de résistivité visibles sur les deux cartes, obtenues pour deux profondeurs d’investigation différentes. Ce sont donc les quelques similitudes constatées entre les deux cartes qui permettent de déterminer si une anomalie isolée, ou un groupe cohérent d’anomalies, pourrait correspondre à des vestiges archéologiques.